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LMNP 2026 : la hausse à 18,6 % vise vos loyers, pas votre plus-value de revente

Beaucoup d'articles l'affirment à tort : la plus-value de revente d'un bien LMNP ne passe pas à 18,6 %. La hausse de CSG 2026 frappe les loyers meublés ; la plus-value, elle, reste à 17,2 %. Décryptage et cas pratique chiffré.

Publié le 11 mai 2026 · Mis à jour le 15 juillet 2026

Ce qui change vraiment en 2026 : + 1,4 point de CSG sur les loyers meublés

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 relève la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, pour financer la branche autonomie. Résultat : le taux global de prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus concernés. Parmi eux figurent les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) de la location meublée — c'est-à-dire vos loyers de LMNP.

Attention à une confusion très répandue (y compris dans plusieurs articles de presse spécialisée) : cette hausse à 18,6 % concerne les LOYERS meublés, pas la PLUS-VALUE de revente. Les plus-values immobilières des particuliers — comme les revenus fonciers de la location nue — sont explicitement exclues de la hausse de CSG et restent taxées à 17,2 %. Revendre un bien LMNP en 2026 ne coûte donc pas 18,6 % de prélèvements sociaux sur la plus-value.

Concrètement, la hausse touche votre imposition annuelle sur les loyers, uniquement si votre résultat meublé est positif. Sur un résultat imposable de 6 000 euros par an, elle représente 84 euros de prélèvements sociaux supplémentaires (6 000 x 1,4 %). Or, en LMNP au régime réel, l'amortissement efface souvent tout ou partie de ce résultat : beaucoup de loueurs ne sont donc pas ou peu impactés. Le vrai bouleversement de la fiscalité de sortie est ailleurs — dans la réforme 2025 sur les amortissements.

Le vrai changement pour la revente : la réintégration des amortissements (2025)

Pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements pratiqués pendant la détention d'un bien LMNP au régime réel sont réintégrés au calcul de la plus-value imposable lors de la revente (loi de finances 2025, art. 84). Cette réforme a clos la particularité qui faisait la singularité du régime : déduire chaque année une fraction du prix d'achat des revenus locatifs (l'amortissement) sans subir de contrepartie à la revente.

Mécaniquement, la plus-value imposable est désormais calculée ainsi : prix de cession moins (prix d'acquisition moins amortissements pratiqués hors mobilier). Plus le bien a été amorti longtemps, plus la plus-value taxable augmente. C'est cette réforme — et non la hausse de CSG 2026 — qui alourdit réellement la fiscalité de sortie. Le taux de prélèvements sociaux sur la plus-value, lui, reste à 17,2 %.

17,2 %
Taux de prélèvements sociaux sur la plus-value immobilière — inchangé en 2026, y compris en LMNP. La hausse à 18,6 % ne concerne que les loyers meublés.
Source : Plus-values immobilières exclues de la hausse de CSG (LFSS 2026)

Pour un investisseur LMNP qui détient son bien depuis 10 ou 15 ans et a pratiqué l'amortissement maximal, la seule réintégration des amortissements peut représenter plusieurs milliers d'euros d'impôt supplémentaires sur la plus-value à la revente. C'est ce que montre le cas chiffré ci-dessous.

Cas pratique : revente d'un T2 acquis 200 000 € il y a 10 ans

Prenons un exemple représentatif. Marc a acheté en 2016 un T2 à Bordeaux pour 200 000 euros (frais de notaire inclus), exploité en LMNP réel. Il a pratiqué l'amortissement maximal : 6 000 euros par an pendant 10 ans, soit 60 000 euros au total (hors mobilier). Il revend son bien en juin 2026 pour 250 000 euros.

Étape 1 : prix d'acquisition corrigé après réintégration des amortissements

PosteMontant
Prix d'acquisition initial200 000 €
Amortissements pratiqués (réintégrés)- 60 000 €
Prix d'acquisition fiscal corrigé140 000 €

Étape 2 : plus-value brute

PosteMontant
Prix de cession250 000 €
Prix d'acquisition corrigé- 140 000 €
Plus-value brute110 000 €

Étape 3 : abattements pour durée de détention (10 ans)

Pour 10 ans de détention, les abattements applicables sont : 30 % pour l'impôt sur le revenu (6 % par an au-delà de la 5e année) et 8,25 % pour les prélèvements sociaux (1,65 % par an au-delà de la 5e année).

Base imposableCalculMontant
Plus-value taxable IR110 000 x (1 - 30 %)77 000 €
Plus-value taxable prélèvements sociaux110 000 x (1 - 8,25 %)100 925 €

Étape 4 : impôt à payer en 2026 (PS à 17,2 %, pas 18,6 %)

ImpositionCalculMontant
IR à 19 %77 000 x 19 %14 630 €
Prélèvements sociaux à 17,2 %100 925 x 17,2 %17 359 €
Surtaxe (plus-value taxable IR > 50 000 €)77 000 x 2 %1 540 €
Total impôt revente33 529 €

Le taux de prélèvements sociaux appliqué à la plus-value est bien 17,2 % — et non 18,6 %. À ce niveau de plus-value, la part taxable à l'impôt sur le revenu (77 000 €) dépasse 50 000 € et déclenche en plus la surtaxe sur les plus-values élevées (2 % ici). Note : appliquer 18,6 % par erreur aurait surestimé les prélèvements sociaux de près de 1 400 € sur ce seul dossier.

Étape 5 : comparaison avant / après la réforme 2025 (amortissements)

ScénarioPlus-value taxable IRIR (19 %)PS (17,2 %)Total*
Avant réforme (2024)50 000 - 30 % = 35 000 €6 650 €45 875 x 17,2 % = 7 891 €14 541 €
Après réforme (2026)110 000 - 30 % = 77 000 €14 630 €100 925 x 17,2 % = 17 359 €31 989 €
Différence+ 7 980 €+ 9 468 €+ 17 448 €

* Totaux hors surtaxe. Le surcoût de ~17 400 € (et ~19 000 € surtaxe comprise) provient intégralement de la réintégration des amortissements votée en 2025, qui gonfle la plus-value imposable de 50 000 à 110 000 €. Le taux de prélèvements sociaux, lui, est resté à 17,2 % dans les deux scénarios : la hausse de CSG 2026 n'a joué aucun rôle ici, car elle ne touche que les loyers. C'est un saut à intégrer dès la phase d'achat — mais pour la bonne raison.

Exonérations et abattements pour durée de détention qui restent applicables

Bonne nouvelle : les abattements pour durée de détention n'ont pas été modifiés. Plus la détention est longue, plus la plus-value imposable diminue jusqu'à l'exonération totale. Ces abattements permettent d'amortir, voire d'absorber complètement, l'effet de la réintégration des amortissements pour les détentions longues.

Durée de détentionAbattement IRAbattement prélèvements sociaux
Moins de 6 ans0 %0 %
Entre 6 et 21 ans6 % par an1,65 % par an
22e année4 %1,60 %
Plus de 22 ans100 % (exonération IR)Variable
Entre 23 et 30 ansExonéré9 % par an
Plus de 30 ansExonéré100 % (exonération totale)

À 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. À 30 ans, elle est aussi exonérée de prélèvements sociaux. Pour un investisseur patrimonial qui prévoit de conserver son bien sur le très long terme - ou de le transmettre - la fiscalité de sortie reste maîtrisée.

30 ans
Durée de détention au-delà de laquelle la plus-value immobilière (LMNP compris) est totalement exonérée de prélèvements sociaux.
Source : Article 150 VC du Code général des impôts (inchangé en 2026)

Stratégies d'optimisation à activer dès maintenant

Face à ce nouveau cadre, plusieurs leviers existent pour limiter l'addition fiscale de sortie. Aucun n'est miraculeux pris isolément ; combinés, ils peuvent réduire significativement le coût.

  1. Allonger la durée de détention. Le levier le plus puissant. Passer de 10 à 22 ans de détention supprime intégralement l'impôt sur le revenu sur la plus-value, soit dans notre cas pratique 14 630 euros économisés. Pour beaucoup d'investisseurs, cela peut justifier de ne pas précipiter une revente.
  2. Arbitrer entre LMNP et SCI à l'IS. La SCI soumise à l'impôt sur les sociétés calcule la plus-value différemment (régime des plus-values professionnelles). Elle peut être plus favorable dans certaines configurations, mais avec une fiscalité courante moins avantageuse. À étudier avec un conseiller, pas à faire seul.
  3. Donner avant de céder. Une donation effectuée avant la cession remet le compteur de la plus-value à zéro pour le donataire (la valeur retenue est celle de la donation, pas du prix d'achat initial). Cette stratégie purge la plus-value, mais déclenche des droits de donation à apprécier. Elle a tout son sens dans le cadre d'une transmission familiale anticipée.
  4. Démembrement temporaire. Céder l'usufruit temporaire d'un bien LMNP permet de générer de la trésorerie sans déclencher la fiscalité sur la plus-value. Stratégie technique qui requiert un accompagnement notarial spécialisé.
  5. Évaluer le retrait du régime BIC réel. Pour un bien acquis très anciennement et peu amorti, le calcul peut révéler qu'il est plus avantageux de basculer en micro-BIC les dernières années avant cession, pour limiter le différentiel entre prix corrigé et prix réel.

Appliquez ces calculs à votre projet réel en 2 minutes

Questions fréquentes

Non. Contrairement à une idée très répandue, la plus-value immobilière reste taxée à 17,2 % de prélèvements sociaux (plus 19 % d'impôt sur le revenu, avant abattements). Elle est explicitement exclue de la hausse de CSG. Le taux de 18,6 % concerne uniquement les loyers de location meublée (revenus BIC), pas la plus-value de cession.
Les prélèvements sociaux sur vos loyers meublés (résultat imposable au régime réel ou micro-BIC). La LFSS 2026 relève la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur ces revenus du capital, portant le taux global à 18,6 %. En régime réel, si l'amortissement efface votre résultat imposable, l'impact est nul ou faible.
Non. Les résidences étudiantes, séniors, EHPAD et pour personnes handicapées exploitées en bail commercial sont exclues de la réintégration des amortissements votée en 2025 : elles conservent le calcul de plus-value antérieur. Pour un bien en bail commercial, vérifiez votre situation auprès d'un conseiller fiscal.
Oui. L'amortissement reste pleinement déductible des revenus locatifs au régime réel BIC pendant toute la phase de détention. Ce qui a changé, c'est la fiscalité de sortie : depuis 2025, les amortissements déduits sont réintégrés au calcul de la plus-value à la revente. Le régime LMNP reste très efficace pour minimiser l'impôt sur les loyers année après année.
22 ans de détention pour l'impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux. Au-delà de 30 ans, la cession est totalement défiscalisée. Ces abattements pour durée de détention n'ont pas été modifiés en 2026 : pour un investisseur patrimonial de long terme, la fiscalité de sortie reste très favorable, malgré la réintégration des amortissements.
Sources officielles
Julien Durandet
Écrit par
Julien Durandet

Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.

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