Beaucoup d'articles l'affirment à tort : la plus-value de revente d'un bien LMNP ne passe pas à 18,6 %. La hausse de CSG 2026 frappe les loyers meublés ; la plus-value, elle, reste à 17,2 %. Décryptage et cas pratique chiffré.
La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 relève la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, pour financer la branche autonomie. Résultat : le taux global de prélèvements sociaux passe de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus concernés. Parmi eux figurent les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) de la location meublée — c'est-à-dire vos loyers de LMNP.
Concrètement, la hausse touche votre imposition annuelle sur les loyers, uniquement si votre résultat meublé est positif. Sur un résultat imposable de 6 000 euros par an, elle représente 84 euros de prélèvements sociaux supplémentaires (6 000 x 1,4 %). Or, en LMNP au régime réel, l'amortissement efface souvent tout ou partie de ce résultat : beaucoup de loueurs ne sont donc pas ou peu impactés. Le vrai bouleversement de la fiscalité de sortie est ailleurs — dans la réforme 2025 sur les amortissements.
Pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements pratiqués pendant la détention d'un bien LMNP au régime réel sont réintégrés au calcul de la plus-value imposable lors de la revente (loi de finances 2025, art. 84). Cette réforme a clos la particularité qui faisait la singularité du régime : déduire chaque année une fraction du prix d'achat des revenus locatifs (l'amortissement) sans subir de contrepartie à la revente.
Mécaniquement, la plus-value imposable est désormais calculée ainsi : prix de cession moins (prix d'acquisition moins amortissements pratiqués hors mobilier). Plus le bien a été amorti longtemps, plus la plus-value taxable augmente. C'est cette réforme — et non la hausse de CSG 2026 — qui alourdit réellement la fiscalité de sortie. Le taux de prélèvements sociaux sur la plus-value, lui, reste à 17,2 %.
Pour un investisseur LMNP qui détient son bien depuis 10 ou 15 ans et a pratiqué l'amortissement maximal, la seule réintégration des amortissements peut représenter plusieurs milliers d'euros d'impôt supplémentaires sur la plus-value à la revente. C'est ce que montre le cas chiffré ci-dessous.
Prenons un exemple représentatif. Marc a acheté en 2016 un T2 à Bordeaux pour 200 000 euros (frais de notaire inclus), exploité en LMNP réel. Il a pratiqué l'amortissement maximal : 6 000 euros par an pendant 10 ans, soit 60 000 euros au total (hors mobilier). Il revend son bien en juin 2026 pour 250 000 euros.
Pour 10 ans de détention, les abattements applicables sont : 30 % pour l'impôt sur le revenu (6 % par an au-delà de la 5e année) et 8,25 % pour les prélèvements sociaux (1,65 % par an au-delà de la 5e année).
Le taux de prélèvements sociaux appliqué à la plus-value est bien 17,2 % — et non 18,6 %. À ce niveau de plus-value, la part taxable à l'impôt sur le revenu (77 000 €) dépasse 50 000 € et déclenche en plus la surtaxe sur les plus-values élevées (2 % ici). Note : appliquer 18,6 % par erreur aurait surestimé les prélèvements sociaux de près de 1 400 € sur ce seul dossier.
* Totaux hors surtaxe. Le surcoût de ~17 400 € (et ~19 000 € surtaxe comprise) provient intégralement de la réintégration des amortissements votée en 2025, qui gonfle la plus-value imposable de 50 000 à 110 000 €. Le taux de prélèvements sociaux, lui, est resté à 17,2 % dans les deux scénarios : la hausse de CSG 2026 n'a joué aucun rôle ici, car elle ne touche que les loyers. C'est un saut à intégrer dès la phase d'achat — mais pour la bonne raison.
Bonne nouvelle : les abattements pour durée de détention n'ont pas été modifiés. Plus la détention est longue, plus la plus-value imposable diminue jusqu'à l'exonération totale. Ces abattements permettent d'amortir, voire d'absorber complètement, l'effet de la réintégration des amortissements pour les détentions longues.
À 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. À 30 ans, elle est aussi exonérée de prélèvements sociaux. Pour un investisseur patrimonial qui prévoit de conserver son bien sur le très long terme - ou de le transmettre - la fiscalité de sortie reste maîtrisée.
Face à ce nouveau cadre, plusieurs leviers existent pour limiter l'addition fiscale de sortie. Aucun n'est miraculeux pris isolément ; combinés, ils peuvent réduire significativement le coût.
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Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.