LMNP micro-BIC ou réel : le match fiscal complet en 2026
Deux régimes, deux logiques, et une différence d'impôt qui se chiffre en milliers d'euros chaque année.
Publié le 17 avril 2026 · Mis à jour le 12 juin 2026
LMNP : rappel du statut
Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) s'applique aux particuliers qui louent un ou plusieurs logements meublés, à condition que les recettes locatives annuelles soient inférieures à 23 000 € OU inférieures aux autres revenus du foyer fiscal. Au-delà, le statut devient LMP (Professionnel) avec une fiscalité très différente.
À l'intérieur du statut LMNP, deux régimes fiscaux coexistent : le micro-BIC et le régime réel. Le choix entre les deux est libre et reconductible d'année en année (avec quelques contraintes de délai).
Le régime micro-BIC : la simplicité
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur les loyers, sans justification. Aucune déclaration de charges, aucune comptabilité exigée. L'investisseur reporte simplement le montant des loyers sur sa déclaration de revenus (case 5ND de la 2042-C-PRO).
Abattement de 50% pour les locations meublées classiques (résidence principale)
Abattement de 30% depuis 2025 pour les meublés de tourisme non classés (hors zone tendue)
Abattement de 71% pour les chambres d'hôtes (les meublés de tourisme classés Atout France sont désormais alignés sur le régime classique 50%/77 700 € depuis la loi Le Meur)
Plafond : 77 700 € de recettes annuelles (seuil 2026)
« L'abattement forfaitaire ne peut jamais être inférieur à 305 euros. »
Le régime réel permet de déduire des loyers toutes les charges réelles du bien : intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, frais de gestion, petits travaux, frais de comptable. Surtout, il autorise l'amortissement comptable du bien et du mobilier.
L'amortissement est le levier clé. Un bien acheté 150 000 € (dont 15% de terrain non amortissable) peut être amorti sur 25 ans à raison de 5 100 € par an (150 000 × 0,85 / 25). Cette somme se déduit du revenu imposable sans sortir de trésorerie. Le mobilier s'amortit en plus sur 5 à 10 ans.
15 à 20 ans
Durée moyenne pendant laquelle l'amortissement en LMNP réel ramène le revenu imposable à zéro
Source : BOFIP BOI-BIC-AMT-10
Ce qui change en 2026 pour le LMNP
Deux réformes récentes modifient l'équation fiscale du LMNP, sans remettre en cause l'intérêt du régime réel. La loi de finances 2026, adoptée fin 2025, ne touche pas directement au statut LMNP : les vrais changements viennent de la LFSS 2026 et de la loi de finances 2025.
Prélèvements sociaux portés à 18,6% : la LFSS 2026 (article 12) relève la CSG de 9,2% à 10,6% sur les revenus du patrimoine, dont les BIC de location meublée, dès l'imposition des revenus 2025. Les revenus fonciers (location nue) et les plus-values immobilières des particuliers résidents restent à 17,2%.
Cette hausse ne frappe que les résultats bénéficiaires : un LMNP au réel dont l'amortissement ramène le revenu imposable à zéro ne paie ni impôt ni prélèvements sociaux, hausse ou pas. C'est un argument supplémentaire en faveur du régime réel.
Réintégration des amortissements dans la plus-value : depuis la loi de finances 2025 (article 84), les amortissements déduits pendant la location, y compris ceux pratiqués avant 2025, viennent minorer le prix d'acquisition lors du calcul de la plus-value à la revente (ventes conclues après le 15 février 2025).
Concrètement, pour la réintégration : un bien acheté 150 000 €, amorti de 40 000 € puis revendu 190 000 €, dégage désormais une plus-value brute de 80 000 € (190 000 - 110 000) au lieu de 40 000 €. Les abattements pour durée de détention continuent toutefois de s'appliquer : exonération totale d'impôt sur la plus-value après 22 ans de détention, et de prélèvements sociaux après 30 ans.
Le verdict ne change pas : l'économie d'impôt annuelle du régime réel reste acquise, et la réintégration ne coûte qu'en cas de revente avant les seuils d'exonération. Pour un investissement de long terme, le réel reste gagnant dans la grande majorité des cas.
Comparatif chiffré : studio meublé à 150 000 €
Hypothèses : loyer 650 € par mois (7 800 € annuels), charges réelles 1 800 €, intérêts d'emprunt 3 500 €, amortissement 5 100 € + 400 € de mobilier. TMI (tranche marginale d'imposition) de 30%.
Poste
Micro-BIC
LMNP réel
Loyers annuels
7 800 €
7 800 €
Abattement 50% ou charges réelles
3 900 €
10 800 €
Revenu imposable
3 900 €
0 € (déficit reportable)
Impôt (TMI 30% + 18,6% PS)
1 895 €
0 €
Revenu net après impôt
5 905 €
7 800 €
Gain annuel du régime réel
+1 895 €
Sur cet exemple, le régime réel rapporte 1 895 € de plus chaque année, soit environ 47 000 € sur 25 ans. Ce gain compense très largement les 400 à 700 € annuels de comptable (nécessaire en régime réel). Le calcul intègre les prélèvements sociaux à 18,6 %, le taux applicable aux BIC de location meublée depuis la LFSS 2026.
L'écart se creuse avec la tranche marginale d'imposition (TMI). Voici le même studio selon trois profils d'investisseurs :
TMI
Impôt micro-BIC (TMI + 18,6% PS)
Impôt LMNP réel
Gain annuel du réel
11%
1 154 €
0 €
+1 154 €
30%
1 895 €
0 €
+1 895 €
41%
2 324 €
0 €
+2 324 €
Même à TMI 11%, le régime réel reste gagnant dès qu'un crédit est en cours. Plus la TMI est élevée, plus chaque euro de revenu imposable effacé par l'amortissement rapporte.
Quand choisir chaque régime ?
Situation
Régime conseillé
Peu de charges (bien ancien déjà amorti, pas de crédit)
Micro-BIC
Achat à crédit avec intérêts significatifs
LMNP réel
Travaux récents ou bien neuf
LMNP réel
Loyers inférieurs à 15 000 € et pas de charges
Micro-BIC
Plusieurs biens meublés
LMNP réel
TMI de 30% ou plus
LMNP réel (quasi-systématique)
Règle simple : si la somme des charges réelles + amortissements dépasse 50% des loyers, passer au régime réel. En pratique, c'est le cas dès qu'il y a un crédit en cours sur le bien.
Comment basculer du micro-BIC au réel ?
Option à exercer auprès du SIE avant le 1er février de l'année d'imposition (ou dans les 3 mois suivant le début d'activité).
Irrévocable pendant 1 an, puis reconductible tacitement d'année en année.
Obligation de tenir une comptabilité : liasse fiscale 2031, bilan, compte de résultat. Un expert-comptable coûte 400 à 800 € par an.
Possibilité d'adhérer à un CGA pour obtenir une réduction d'impôt de 915 € maximum (applicable sur les frais de comptabilité).
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Questions fréquentes
Le LMNP réel est avantageux pour 70 à 80% des investisseurs, particulièrement ceux qui ont un crédit en cours. Le micro-BIC ne reste intéressant que pour des biens sans charges ni emprunt. La règle : si charges + amortissements dépassent 50% des loyers, choisir le régime réel.
L'option pour le régime réel est valable 1 an, reconductible tacitement. Pour revenir au micro-BIC, il faut notifier le SIE avant le 1er février. Changer trop souvent est déconseillé car cela alerte l'administration fiscale.
Ce n'est pas obligatoire mais fortement recommandé. Un expert-comptable spécialisé LMNP coûte entre 400 et 800 euros par an. Il prépare la liasse fiscale 2031 et le bilan, optimise l'amortissement et gère l'adhésion au CGA.
La règle simple : si vos charges déductibles + l'amortissement dépassent 50 % de vos loyers, le régime réel est plus avantageux que le micro-BIC. C'est presque toujours le cas avec un crédit en cours ou des travaux. Le micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 %) ne reste intéressant que pour un bien sans emprunt et à faibles charges. Le mieux est de simuler les deux régimes avec vos chiffres réels avant de trancher.
Pour un meublé classique (longue durée), le micro-BIC s'applique jusqu'à 77 700 € de loyers annuels, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Au-delà, le régime réel devient obligatoire. Attention : pour les meublés de tourisme non classés, la réforme 2025 a abaissé le plafond à 15 000 € et l'abattement à 30 %. Les meublés de tourisme classés conservent un régime plus favorable.
Les revenus d'une location meublée relèvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), pas des revenus fonciers. Au micro-BIC, vous reportez simplement le montant brut de vos loyers sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO (case 5ND pour un meublé classique) : l'abattement de 50 % est appliqué automatiquement par l'administration, sans justificatif ni comptabilité.
Le mécanisme reste inchangé en 2026 : au régime réel, le bâti s'amortit par composants sur 25 à 40 ans (le terrain, environ 15 % de la valeur, n'est pas amortissable) et le mobilier sur 5 à 10 ans. L'amortissement se déduit du revenu imposable sans sortie de trésorerie et ramène souvent le résultat fiscal à zéro pendant 15 à 20 ans. Nouveauté depuis la loi de finances 2025 : les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
Oui. La LFSS 2026 porte la CSG de 9,2 % à 10,6 %, soit 18,6 % de prélèvements sociaux au total sur les BIC de location meublée (contre 17,2 % pour la location nue, épargnée par la réforme). Mais cette hausse ne s'applique qu'au résultat imposable : un LMNP au régime réel dont l'amortissement efface le bénéfice n'est pas impacté. C'est un argument de plus en faveur du régime réel.
Oui, depuis la loi de finances 2025 (article 84), pour les ventes conclues après le 15 février 2025. Les amortissements déduits pendant la location, y compris ceux antérieurs à 2025, minorent le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value. Les abattements pour durée de détention restent applicables : exonération d'impôt après 22 ans, et de prélèvements sociaux après 30 ans. Pour un investissement de long terme, le régime réel reste avantageux.
Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.