DPE et location en 2026 : ce qui change, ce qui est interdit, comment s'adapter
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location. Les F suivent en 2028, les E en 2034. Voici l'état des lieux 2026.
Publié le 17 avril 2026 · Mis à jour le 1 juin 2026
Le calendrier officiel des interdictions
La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a fixé un calendrier de sortie progressive des passoires thermiques du marché locatif. En 2026, voici où l'on en est :
Classe DPE
Statut au 17/04/2026
Échéance
G
Interdit à la location (nouveaux baux)
1er janvier 2025
F
Encore autorisé
Interdit au 1er janvier 2028
E
Encore autorisé
Interdit au 1er janvier 2034
D et mieux
Autorisés sans limite
-
« À compter du 1er janvier 2025, un logement classé G est considéré comme non décent et son propriétaire ne peut plus le louer à un nouveau locataire. »
Attention : les baux en cours restent valides. L'interdiction concerne les nouveaux baux et les renouvellements. Mais le locataire peut exiger une mise en conformité en saisissant la commission départementale de conciliation.
L'impact concret sur le marché locatif en 2026
13,8%
Part du parc locatif privé français classé F ou G au 1er janvier 2025 (environ 1,1 million de logements : 693 000 F et 453 000 G). La réforme du coefficient électrique entrée en vigueur au 1er janvier 2026 fait sortir entre 700 000 et 850 000 logements supplémentaires du statut de passoire thermique selon les estimations gouvernementales.
Source : SDES, parc de logements par classe DPE au 1er janvier 2025 ; arrêté du 13 août 2025
Conséquences observées sur le marché :
Baisse des prix de 10 à 15% sur les biens classés F ou G depuis 2023, selon les notaires.
Rendement brut apparent en hausse sur ces biens, mais travaux de rénovation souvent dissuasifs.
Multiplication des ventes en bloc d'immeubles passoires par des bailleurs sociaux ou institutionnels qui préfèrent sortir du parc locatif.
Explosion de la demande pour les logements D et mieux, avec loyers en hausse de 3 à 5% dans les zones tendues.
J'ai un logement F ou G, que faire ?
Faire refaire le DPE : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9. Pour un bien chauffé à l'électricité, un nouveau diagnostic peut faire regagner 1 ou 2 classes sans aucun travaux. Les anciens DPE peuvent être mis à jour gratuitement sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME.
Cibler les travaux qui font le plus remonter la classe : isolation des combles, remplacement de la chaudière, changement des fenêtres simple vitrage.
Solliciter les aides : MaPrimeRénov' couvre 40 à 90% des travaux selon les revenus du foyer (plafonds 2026 : 30 000 € HT pour un gain de 2 classes, 40 000 € HT pour un gain de 3 classes ou plus). Depuis février 2026, le parcours d'ampleur est de nouveau accessible à tous les ménages, y compris hauts revenus. Attention : l'isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus finançables en mono-geste, uniquement dans le parcours d'ampleur.
Vendre avant l'échéance si les travaux sont trop lourds : un bien G aujourd'hui se vend encore, mais la décote s'aggrave.
Consulter un spécialiste de la rénovation globale (accompagnateur Rénov') pour construire un parcours cohérent.
Combien coûte une rénovation énergétique ?
Travaux
Coût moyen
Gain de classes DPE
Isolation des combles perdus
30 à 50 €/m²
+ 1 à 2 classes
Isolation des murs par l'intérieur
60 à 90 €/m²
+ 1 classe
Isolation par l'extérieur (ITE)
150 à 250 €/m²
+ 2 classes
Pompe à chaleur air/eau
12 000 à 18 000 €
+ 1 à 2 classes
Fenêtres double vitrage
500 à 900 €/fenêtre
+ 0 à 1 classe
Rénovation globale
400 à 700 €/m²
Jusqu'à G → C
Ordre de grandeur : pour sortir un T3 de 60 m² de la classe G vers la classe D, comptez entre 25 000 et 45 000 euros de travaux, réduits à 10 000 à 25 000 euros nets après MaPrimeRénov'.
Acheter un bien F ou G en 2026 : bonne ou mauvaise idée ?
C'est une stratégie défendable à trois conditions :
Négocier le prix à la baisse en intégrant 100% du coût des travaux (et non 50% comme le font beaucoup de vendeurs).
Valider le budget travaux par deux artisans différents avant de signer le compromis, avec une clause suspensive.
Simuler le rendement locatif après travaux (et non avant) pour s'assurer que l'opération reste rentable.
À l'inverse, acheter un bien F ou G au prix du marché en pariant sur une "occasion" est le meilleur moyen de se retrouver avec un actif invendable dans 3 ans.
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Questions fréquentes
Non pour les nouveaux baux signés depuis le 1er janvier 2025. Oui pour les baux en cours, jusqu'à leur renouvellement. En pratique, un locataire peut saisir la commission de conciliation et exiger des travaux de mise en conformité.
Les logements classés F seront interdits à la location à compter du 1er janvier 2028 pour les nouveaux baux. Les bailleurs ont donc moins de 2 ans pour engager les travaux de rénovation ou sortir ces biens du parc locatif.
Pour un appartement de 60 m² passant de G à D, comptez entre 25 000 et 45 000 euros bruts. Les aides MaPrimeRénov' peuvent couvrir 40 à 80% selon les revenus, réduisant le reste à charge à 10 000 à 25 000 euros.
Oui en régime réel (location nue ou LMNP). Les travaux d'amélioration énergétique sont soit déductibles immédiatement (régime réel foncier), soit amortissables sur la durée d'usage (LMNP réel). MaPrimeRénov' versée n'est pas imposable.
Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.