Après le DPE hiver, un nouveau front s'ouvre pour les bailleurs : la performance du logement en période de canicule. Le Sénat a voté le 8 juillet 2026 la notion de confort d'été et la facilitation de la climatisation. Rien n'est encore obligatoire, mais le sujet arrive. Voici comment le lire et l'anticiper.
Le 8 juillet 2026 au soir, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi "Relance et décentralisation du logement". Parmi les mesures votées figure une notion nouvelle dans le débat sur le logement : le confort d'été. L'objectif affiché est de lutter contre les logements qui deviennent des "bouilloires thermiques" pendant les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents.
Concrètement, les sénateurs ont introduit deux orientations. D'une part, une prise en compte du confort d'été du logement, c'est-à-dire sa capacité à rester vivable sans surchauffe excessive l'été. D'autre part, une facilitation de l'installation de dispositifs de climatisation, jusqu'ici parfois freinée par les règles de copropriété ou d'urbanisme.
« Tant que la loi n'est pas promulguée, aucune obligation de confort d'été ne s'impose. Le texte a été transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026, après procédure accélérée engagée le 25 juin. »
Jusqu'ici, la performance énergétique d'un logement se jugeait presque exclusivement sur l'hiver : capacité à chauffer sans consommer trop. Le DPE, les interdictions de location des passoires thermiques, MaPrimeRénov' : tout est construit autour du besoin de chaleur. Le confort d'été inverse le regard et pose une question nouvelle : le logement reste-t-il vivable en pleine canicule ?
Cet enjeu monte pour deux raisons. Les épisodes de forte chaleur se multiplient et se prolongent, y compris dans des régions historiquement tempérées. Et les locataires en font de plus en plus un critère de choix, au même titre que la classe énergétique. Un studio sous toiture qui monte à 32 degrés en août devient plus difficile à louer, et plus exposé aux réclamations.
Pour un bailleur, ignorer le sujet, c'est prendre le risque d'une double peine : un bien moins attractif à la location aujourd'hui, et une éventuelle contrainte réglementaire demain si le confort d'été entre dans les critères de décence ou dans le DPE.
Avant même toute nouvelle loi, un bailleur peut déjà agir sur le rafraîchissement de son bien. Mais plusieurs règles s'appliquent, et le vote du Sénat vise justement à en assouplir certaines.
Bon réflexe : ne pas raisonner uniquement climatisation. Sur un logement mal protégé du soleil, une clim consommera beaucoup pour un résultat médiocre. Les protections solaires passives (volets, stores extérieurs, films) et la ventilation nocturne coûtent moins cher et améliorent durablement le confort d'été - tout en pesant favorablement sur la consommation électrique.
C'est la vraie question pour un bailleur : le confort d'été va-t-il devenir une obligation, comme l'est aujourd'hui la performance hiver ? À ce stade, rien n'est tranché, et il faut se garder de toute affirmation définitive.
Deux pistes sont dans le débat. Une intégration au DPE, qui mesure aujourd'hui surtout la consommation de chauffage : y ajouter un indicateur de confort d'été supposerait une évolution de la méthode de calcul, comme celle intervenue en janvier 2026 sur le coefficient de l'électricité. Et une possible entrée du confort d'été dans les critères de décence du logement, ce qui aurait un impact direct sur le droit de louer. Aucune de ces deux évolutions n'est actée à la date de cet article.
Message clé à retenir : le confort d'été est aujourd'hui un signal, pas une obligation. Mais l'histoire récente du DPE montre que ces signaux se transforment vite en règles. Se positionner tôt évite d'avoir à réagir dans l'urgence.
Sans attendre une loi qui n'est pas promulguée, un bailleur peut préparer son bien de façon rentable et réversible. Voici l'ordre de priorité recommandé.
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Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.