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Confort d'été en location : ce que les bailleurs doivent anticiper

Après le DPE hiver, un nouveau front s'ouvre pour les bailleurs : la performance du logement en période de canicule. Le Sénat a voté le 8 juillet 2026 la notion de confort d'été et la facilitation de la climatisation. Rien n'est encore obligatoire, mais le sujet arrive. Voici comment le lire et l'anticiper.

Publié le 27 juillet 2026

Confort d'été : de quoi parle le texte voté au Sénat

Le 8 juillet 2026 au soir, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi "Relance et décentralisation du logement". Parmi les mesures votées figure une notion nouvelle dans le débat sur le logement : le confort d'été. L'objectif affiché est de lutter contre les logements qui deviennent des "bouilloires thermiques" pendant les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents.

Concrètement, les sénateurs ont introduit deux orientations. D'une part, une prise en compte du confort d'été du logement, c'est-à-dire sa capacité à rester vivable sans surchauffe excessive l'été. D'autre part, une facilitation de l'installation de dispositifs de climatisation, jusqu'ici parfois freinée par les règles de copropriété ou d'urbanisme.

8 juillet 2026
Date du vote au Sénat, en première lecture, du projet de loi Relance et décentralisation du logement introduisant la notion de confort d'été et la facilitation de la climatisation.
Source : Sénat / Actu-Environnement, 09/07/2026

« Tant que la loi n'est pas promulguée, aucune obligation de confort d'été ne s'impose. Le texte a été transmis à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026, après procédure accélérée engagée le 25 juin. »

Pourquoi la surchauffe estivale devient un enjeu locatif

Jusqu'ici, la performance énergétique d'un logement se jugeait presque exclusivement sur l'hiver : capacité à chauffer sans consommer trop. Le DPE, les interdictions de location des passoires thermiques, MaPrimeRénov' : tout est construit autour du besoin de chaleur. Le confort d'été inverse le regard et pose une question nouvelle : le logement reste-t-il vivable en pleine canicule ?

Cet enjeu monte pour deux raisons. Les épisodes de forte chaleur se multiplient et se prolongent, y compris dans des régions historiquement tempérées. Et les locataires en font de plus en plus un critère de choix, au même titre que la classe énergétique. Un studio sous toiture qui monte à 32 degrés en août devient plus difficile à louer, et plus exposé aux réclamations.

Pour un bailleur, ignorer le sujet, c'est prendre le risque d'une double peine : un bien moins attractif à la location aujourd'hui, et une éventuelle contrainte réglementaire demain si le confort d'été entre dans les critères de décence ou dans le DPE.

Climatisation en location : ce que le bailleur peut faire aujourd'hui

Avant même toute nouvelle loi, un bailleur peut déjà agir sur le rafraîchissement de son bien. Mais plusieurs règles s'appliquent, et le vote du Sénat vise justement à en assouplir certaines.

  • Climatisation mobile : libre, sans autorisation, mais peu efficace sur un logement mal isolé et bruyante. Solution d'appoint, pas de fond.
  • Climatisation fixe réversible (pompe à chaleur air-air) : la plus efficace, elle chauffe l'hiver et rafraîchit l'été. Elle nécessite une unité extérieure, donc l'accord de la copropriété si elle touche les parties communes ou la façade, et le respect des règles d'urbanisme locales.
  • Copropriété : l'installation d'une unité extérieure visible passe généralement par un vote en assemblée générale. C'est ce point que le texte du Sénat cherche à faciliter.
  • Information du locataire : toute intervention lourde doit être coordonnée avec le locataire en place, dans le respect de son droit à la jouissance du logement.

Bon réflexe : ne pas raisonner uniquement climatisation. Sur un logement mal protégé du soleil, une clim consommera beaucoup pour un résultat médiocre. Les protections solaires passives (volets, stores extérieurs, films) et la ventilation nocturne coûtent moins cher et améliorent durablement le confort d'été - tout en pesant favorablement sur la consommation électrique.

Ce que le confort d'été pourrait changer pour le DPE et la décence

C'est la vraie question pour un bailleur : le confort d'été va-t-il devenir une obligation, comme l'est aujourd'hui la performance hiver ? À ce stade, rien n'est tranché, et il faut se garder de toute affirmation définitive.

Deux pistes sont dans le débat. Une intégration au DPE, qui mesure aujourd'hui surtout la consommation de chauffage : y ajouter un indicateur de confort d'été supposerait une évolution de la méthode de calcul, comme celle intervenue en janvier 2026 sur le coefficient de l'électricité. Et une possible entrée du confort d'été dans les critères de décence du logement, ce qui aurait un impact direct sur le droit de louer. Aucune de ces deux évolutions n'est actée à la date de cet article.

148,37
Points de l'indice de référence des loyers au 2e trimestre 2026 (+1,15 % sur un an), plafond de la révision annuelle des loyers, y compris pour financer d'éventuels aménagements de confort.
Source : INSEE, Informations rapides n°167, 10/07/2026

Message clé à retenir : le confort d'été est aujourd'hui un signal, pas une obligation. Mais l'histoire récente du DPE montre que ces signaux se transforment vite en règles. Se positionner tôt évite d'avoir à réagir dans l'urgence.

Anticiper sans se tromper : les 4 gestes utiles

Sans attendre une loi qui n'est pas promulguée, un bailleur peut préparer son bien de façon rentable et réversible. Voici l'ordre de priorité recommandé.

  1. Diagnostiquer l'exposition du logement : orientation, présence sous toiture, surface vitrée exposée au sud ou à l'ouest. C'est gratuit et cela conditionne tout le reste.
  2. Prioriser les protections solaires : volets, stores extérieurs, films réfléchissants. Peu coûteux, sans autorisation lourde, effet immédiat sur la surchauffe.
  3. Améliorer la ventilation : ventilation nocturne, brassage d'air, VMC en bon état. Un logement qui évacue la chaleur de la nuit reste plus frais la journée.
  4. Chiffrer une climatisation réversible seulement ensuite : elle a du sens sur un bien déjà protégé et bien ventilé, et présente l'avantage de servir aussi l'hiver.
Situation du bienAction prioritaire
Studio ou T2 sous toiture, plein sudProtections solaires extérieures avant tout
Logement en copropriétéVérifier le règlement avant tout projet de clim fixe
Bien déjà bien isolé et ventiléChiffrer une pompe à chaleur air-air réversible
Bien classé F ou GTraiter d'abord la rénovation hiver, puis le confort d'été

Un simulateur de rendement permet d'intégrer le coût de ces aménagements dans le calcul de rentabilité, pour vérifier qu'ils restent compatibles avec un cash-flow sain avant d'engager la dépense.

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Questions fréquentes

Non. La notion a seulement été votée en première lecture au Sénat le 8 juillet 2026. Elle n'est pas promulguée et n'impose aucune obligation à ce jour. Le texte doit encore être examiné par l'Assemblée nationale.
Oui, sous conditions. La climatisation mobile est libre. Une climatisation fixe avec unité extérieure suppose l'accord de la copropriété si elle touche les parties communes, le respect des règles d'urbanisme et l'information du locataire. Le texte voté au Sénat vise à faciliter ces installations.
C'est une piste du débat, mais rien n'est tranché. Le DPE actuel mesure surtout la performance en hiver. Une prise en compte de l'été supposerait une évolution de la méthode de calcul, qui n'est pas actée à ce jour.
Pas automatiquement aujourd'hui. Les critères de décence portent actuellement sur d'autres éléments. Le projet de loi pourrait faire évoluer ce point, mais sans date d'application connue à ce stade.
Quatre gestes utiles et rentables : diagnostiquer l'exposition du logement, installer des protections solaires extérieures, améliorer la ventilation, puis seulement chiffrer une climatisation réversible. Cet ordre évite de dépenser beaucoup pour un résultat médiocre sur un bien mal protégé.
Julien Durandet
Écrit par
Julien Durandet

Julien Durandet est le fondateur de Rendement.app et investisseur locatif depuis 9 ans. Parti de zéro sans expérience dans l'immobilier, il a constitué progressivement un patrimoine pour préparer sa retraite, et utilise lui-même Rendement.app pour analyser ses propres opportunités.

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