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Déficit foncier 21 400 € : la prorogation jusqu'à fin 2027 confirmée

La loi de finances 2026 a prorogé le doublement du plafond de déficit foncier - de 10 700 € à 21 400 € - jusqu'au 31 décembre 2027 pour les travaux de rénovation énergétique. Une fenêtre fiscale de 18 mois pour les bailleurs détenant un bien classé E, F ou G.

Publié le 18 mai 2026

Ce que la loi de finances 2026 a confirmé

Le déficit foncier permet, depuis 1993, d'imputer sur le revenu global le déficit constaté sur les revenus fonciers, dans la limite de 10 700 € par an et par foyer fiscal (article 156-I-3° du CGI). Le surplus est reporté sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. C'est l'un des leviers fiscaux les plus puissants de la location nue au régime réel.

En 2023, dans le cadre du plan de transition énergétique, le législateur a doublé temporairement ce plafond à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique qui permettent un saut de classe DPE. Initialement prévu jusqu'au 31 décembre 2025, ce doublement a été prorogé de deux ans par la loi de finances 2026, soit jusqu'au 31 décembre 2027.

21 400 €
Plafond imputable sur le revenu global pour les travaux de rénovation énergétique permettant un saut de classe DPE vers D minimum. Soit le double du plafond classique de 10 700 €.
Source : BOFIP-RFPI-BASE-30-20, mise à jour 16/09/2025

« Le plafond rehaussé constitue une incitation directe à la rénovation des passoires thermiques. Sa prorogation s'inscrit dans l'objectif de faire sortir 850 000 logements du statut F ou G d'ici 2027. »

Source : Exposé des motifs, loi de finances 2026

Concrètement, un bailleur qui réalise 80 000 € de travaux énergétiques peut imputer jusqu'à 21 400 € sur son revenu global l'année du paiement, et reporter les 58 600 € restants sur ses revenus fonciers des 10 années suivantes. Le gain fiscal cumulé peut atteindre 15 000 à 35 000 € selon la tranche marginale d'imposition.

Les 4 conditions cumulatives pour bénéficier du plafond rehaussé

Le doublement à 21 400 € n'est pas automatique. Il est strictement conditionné par le BOFIP-IR-RICI-360-50. Quatre conditions cumulatives doivent être réunies, faute de quoi le plafond classique de 10 700 € s'applique.

Condition 1 : nature des travaux éligibles

  • Isolation thermique : murs (par l'intérieur ou l'extérieur), toitures, planchers bas.
  • Menuiseries extérieures : fenêtres, portes-fenêtres, volets isolants.
  • Chauffage haute performance : pompe à chaleur (air-eau, géothermique), chaudière à condensation gaz ou biomasse, chaudière à granulés.
  • Production d'eau chaude sanitaire performante : chauffe-eau thermodynamique, solaire thermique.
  • Ventilation double flux.
  • Audit énergétique préalable (lorsqu'il est éligible à MaPrimeRénov').

Pour résumer : les travaux éligibles sont ceux qui qualifient pour le parcours « rénovation d'ampleur » de MaPrimeRénov'. Les travaux purement esthétiques (peinture, revêtements de sol) ou non énergétiques (création d'une nouvelle pièce, remplacement d'une cuisine) ne sont pas éligibles au plafond rehaussé.

Condition 2 : saut de classe DPE

Les travaux doivent permettre de faire passer le bien d'une classe énergétique E, F ou G à une classe D minimum. Un saut de F à D ou de G à E ne suffit pas s'il n'atteint pas la classe D. Le DPE de référence avant travaux et le nouveau DPE après travaux doivent être réalisés par un diagnostiqueur certifié et conservés pour justificatif.

Attention : depuis le 1er janvier 2026, le coefficient électricité du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Certains logements précédemment classés F ou G sortent automatiquement de la passoire sans travaux - et perdent donc l'éligibilité au plafond rehaussé. Pour ce point, voir notre article sur le recalcul DPE 2026.

Condition 3 : calendrier de paiement

PériodePlafond applicable
Travaux payés du 01/01/2023 au 31/12/202521 400 € (plafond rehaussé initial)
Travaux payés du 01/01/2026 au 31/12/202721 400 € (prorogation LF 2026)
Travaux payés à partir du 01/01/202810 700 € (retour au plafond classique)

Ce qui compte est la date de paiement, pas la date du devis ou de la facture. Un devis accepté en novembre 2027 mais facturé et payé en janvier 2028 retombe sous le plafond classique. Anticiper l'échéancier de paiement est donc crucial pour optimiser le levier.

Condition 4 : devis accepté à compter du 5 novembre 2022

Le BOFIP précise que le devis doit avoir été accepté à compter du 5 novembre 2022 (date d'annonce du dispositif). Un devis signé antérieurement et payé en 2026 ne donne pas droit au plafond rehaussé, même si toutes les autres conditions sont remplies.

Cas pratique : 80 000 € de travaux dans une passoire G à Limoges

Simulation complète sur un cas concret : un bailleur détient un T3 à Limoges, acheté en 2019 à 95 000 €, classé G au DPE, loué 580 €/mois. Il lance en 2026 une rénovation d'ampleur de 80 000 € (isolation par l'extérieur, remplacement de la chaudière par une PAC air-eau, double flux, fenêtres triple vitrage). DPE après travaux : C.

ÉlémentValeur
Loyer annuel6 960 € (580 × 12)
Charges déductibles courantes~2 100 €/an
Coût travaux énergétiques 202680 000 €
MaPrimeRénov' + CEE perçus-22 000 €
Travaux réellement supportés58 000 €
TMI du foyer30 %

Année 1 (2026) - calcul du déficit

  • Revenus fonciers bruts : 6 960 €.
  • Charges courantes : -2 100 €.
  • Travaux énergétiques 2026 : -58 000 €.
  • Résultat foncier : -53 140 €.
  • Imputé sur revenu global (plafond 21 400 €) : 21 400 €.
  • Reporté sur revenus fonciers années suivantes : 31 740 €.

Économie d'impôt année 1

  • Économie IR (TMI 30 %) : 21 400 × 30 % = 6 420 €.
  • Économie prélèvements sociaux (17,2 %) : 21 400 × 17,2 % = 3 681 €.
  • Économie totale immédiate : 10 101 €.

Sur les 10 années suivantes, les 31 740 € de déficit reporté viennent neutraliser les revenus fonciers nets futurs. Sur un foyer dont les loyers nets atteindront ~5 000 €/an après travaux (loyer ré-évalué à environ 720 €/mois post-rénovation), le report épuise complètement l'imposition foncière pendant ~6 ans.

25 000 €
Économie fiscale cumulée estimée sur 10 ans pour ce cas pratique, soit 43 % du coût net des travaux après aides. Estimation calculée à TMI constante 30 %.
Source : Simulation Rendement.app, mai 2026

Bonus : sortie du statut de passoire thermique

À partir du 1er janvier 2028, les logements classés F sont interdits à la location (nouveaux baux). Le bien rénové passe en classe C et reste donc louable sans contrainte. Pour le calendrier complet, voir notre guide DPE et location 2026.

Comment déclarer : cases 4BB, 4BC, 4BD

La déclaration s'effectue sur le formulaire 2044 (revenus fonciers) ou 2044 spéciale. Les cases à connaître :

CaseUsage
4BBDéficit foncier imputable sur le revenu global de l'année (max 10 700 € ou 21 400 € selon éligibilité énergétique)
4BCDéficit foncier non imputé sur le revenu global, à reporter sur les revenus fonciers des 10 années suivantes
4BDDéficits fonciers des années antérieures, à imputer sur les revenus fonciers de l'année

Justificatifs à conserver

  • Devis daté et signé à compter du 5 novembre 2022.
  • Factures acquittées (avec preuve de paiement : virement, chèque, mention « payé »).
  • DPE avant travaux et DPE après travaux, réalisés par un diagnostiqueur certifié.
  • Attestation de versement de MaPrimeRénov' et des CEE (le déficit foncier porte sur le coût net des aides).
  • Bail en cours pendant les travaux (ou attestation d'engagement de relocation si le bien était vacant).
⚠️Erreur fréquente : intégrer le montant brut des travaux dans le déficit foncier. La règle est claire - seules les dépenses réellement supportées (après déduction de MaPrimeRénov', des CEE et de l'éco-PTZ) sont imputables. L'administration recoupe systématiquement avec les attestations d'aides perçues.

Engagement de location de 3 ans

Le déficit foncier imputé sur le revenu global suppose une location effective du bien pendant les 3 années suivant celle de l'imputation. Une revente, un retrait du marché locatif (logement vacant prolongé sans relocation, mise en habitation personnelle) ou un passage en location meublée pendant cette période entraîne la remise en cause du déficit imputé.

Déficit foncier vs LMNP vs Jeanbrun : lequel choisir ?

Le déficit foncier n'est pas le seul levier fiscal pour un bien à rénover. Trois régimes peuvent rentrer en concurrence. Voici un arbitrage rapide.

CritèreDéficit foncier (nue)LMNP réelJeanbrun (statut bailleur privé)
Type de locationNue uniquementMeublée uniquementNue uniquement
Levier fiscal principalImputation 21 400 €/an revenu globalAmortissement (2,5 à 4 %/an)Amortissement 3 à 5,5 %/an, plafond 8 000 à 12 000 €
Conditions DPESaut de classe vers D miniAucuneLogement neuf ou ancien rénové
Engagement de location3 ansAucun6 à 12 ans selon niveau loyer
Plafond loyerAucunAucunLoyer intermédiaire, social ou très social
Cumul avec MaPrimeRénov'OuiOui (sur charges déductibles)Oui
Impact à la reventePlus-value classique (abattement 22 ans IR)Réintégration des amortissements depuis 2025À préciser par décret

Quand choisir le déficit foncier ?

  • Travaux énergétiques de plus de 30 000 € avec saut de classe DPE.
  • TMI à 30 % ou 41 % (l'économie immédiate compense le travail déclaratif).
  • Bien destiné à rester en location nue pendant au moins 3 ans.
  • Pas de besoin d'optimiser le cash-flow mensuel post-travaux (le levier joue surtout sur l'impôt).

Quand préférer le LMNP réel ?

Le LMNP reste plus pertinent si les travaux sont surtout cosmétiques, si l'objectif est un cash-flow neutre dès l'année 1 grâce à l'amortissement, ou si le bien est de petite surface (étudiant, jeune actif) avec un loyer meublé supérieur de 10 à 15 %. Pour la comparaison détaillée, voir notre dossier LMNP vs micro-foncier 2026.

Quand viser le statut Jeanbrun ?

Le statut bailleur privé issu de la loi de finances 2026 est intéressant pour un investisseur qui accepte un loyer plafonné (intermédiaire, social ou très social) en échange d'un amortissement fiscal sur le prix d'acquisition. C'est le successeur logique du Pinel en location nue. Pour le détail des conditions, voir notre dossier complet sur le dispositif Jeanbrun 2026.

💡Cumul intelligent : déficit foncier + Jeanbrun ne sont pas cumulables sur le même bien, mais un investisseur peut très bien cumuler déficit foncier sur le bien rénové et Jeanbrun sur un autre bien acquis en parallèle. C'est l'approche multi-régimes la plus efficace en 2026.

Une fenêtre fiscale de 18 mois à ne pas manquer

Au 18 mai 2026, il reste 19 mois pour engager et payer des travaux énergétiques bénéficiant du plafond rehaussé. Compte tenu des délais d'audit, de devis, d'obtention de MaPrimeRénov' et de réalisation effective (souvent 4 à 8 mois pour une rénovation d'ampleur), il est prudent de signer son audit énergétique au plus tard en septembre 2026 pour sécuriser un paiement avant le 31 décembre 2027.

Estimation : le retour au plafond classique de 10 700 € à partir de 2028 reste le scénario le plus probable, le législateur ayant déjà prorogé une fois ce dispositif. Une nouvelle prolongation n'est pas exclue mais ne doit pas être anticipée dans une décision d'investissement.

Avant d'engager des travaux, lance une simulation complète intégrant le coût des travaux net d'aides, l'économie d'impôt sur 10 ans et le loyer post-rénovation : ouvre le simulateur de rendement locatif.

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Questions fréquentes

10 700 €/an imputables sur le revenu global pour les travaux classiques, 21 400 €/an pour les travaux de rénovation énergétique permettant un saut de classe DPE vers D minimum. Le surplus se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Oui. La loi de finances 2026 a prorogé ce plafond rehaussé jusqu'au 31 décembre 2027. Il s'applique aux travaux payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027, à condition que le devis ait été accepté à compter du 5 novembre 2022 et que les travaux permettent un saut de classe DPE vers D minimum.
Isolation thermique des murs, toitures et planchers bas, fenêtres performantes, pompe à chaleur, chaudière à condensation biomasse, ventilation double flux et audit énergétique préalable. Concrètement, les travaux relevant du parcours rénovation d'ampleur de MaPrimeRénov'. Les travaux purement esthétiques ou non énergétiques ne sont pas éligibles.
Oui, le déficit foncier est cumulable avec MaPrimeRénov', les CEE et l'éco-PTZ. Attention : seules les dépenses réellement supportées par le bailleur (après déduction des aides) sont imputables au déficit foncier. L'administration fiscale recoupe systématiquement avec les attestations d'aides perçues.
Estimation : le déficit foncier l'emporte si vous avez plus de 30 000 € de travaux énergétiques avec saut de classe DPE et une TMI à 30 % ou 41 %. Le LMNP reste plus pertinent si les travaux sont surtout cosmétiques ou si l'objectif est un cash-flow neutre dès l'année 1 grâce à l'amortissement. Pour les biens éligibles aux deux, une simulation comparative chiffrée tranche en quelques minutes.
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